top of page
image site web.jpg

 

Formation d'octobre 2026

Du soi à la Terre : Introduction à l'écothérapie et à l'écospiritualité

​

    On ne peut plus rester insensible face aux changements climatiques et environnementaux et à leurs conséquences directes sur l’humain. Les professionnels de la santé le constatent. De plus en plus de clients abordent ces enjeux en thérapie ou consultent avec un motif directement relié à ces réalités. Certains présentent une souffrance psychologique plus ou moins significative (écoanxiété, écoémotions, deuil, détresse, stress, trauma ou difficultés d’adaptation liées à des événements vécus personnellement), pouvant même affecter leur fonctionnement. Parfois, les clients expriment une souffrance existentielle ou spirituelle, telle qu’une perte de sens, un bouleversement de leurs valeurs ou une perte de repères face à l’avenir. Ceux qui ressentent un lien presque sacré avec la nature et la planète paraissent souvent profondément atteints dans leur sentiment d’humanité.

 

   Toutefois, limiter l’écothérapie à l’accompagnement des personnes qui sont déjà conscientes de leur relation avec le vivant serait réducteur. En effet, le rapport de déconnexion que plusieurs entretiennent avec le vivant influence profondément la manière dont ils se perçoivent comme individus ainsi que la façon dont ils entrent en relation avec les autres humains et avec le monde autre qu’humain. Cette déconnexion peut contribuer à différentes formes de mal-être, telles que la perte de sens, l’anxiété, la dépression ou un sentiment diffus de vide existentiel. Ainsi, au-delà d’une réponse aux souffrances directement liées aux changements environnementaux, l’écothérapie propose de retisser des liens avec le vivant et d’explorer une appartenance plus profonde au monde, susceptible de soutenir la santé psychologique, relationnelle, existentielleet spirituelle de toute personne.

 

     En plus des manifestations psychologiques déjà décrites, plusieurs personnes expriment un sentiment de déconnexion qui traverse différentes sphères de leur existence. Cette déconnexion peut se manifester par un éloignement de soi, des autres et du monde, incluant la nature. Bien que la psychothérapie favorise généralement la connexion à soi et aux autres, notamment à travers la relation thérapeutique et le soutien du réseau social, elle considère rarement la nature comme une composante relationnelle à part entière. Pourtant, le rapport que les individus entretiennent avec le vivant influence profondément leur façon de se percevoir, de donner un sens à leur existence et d’entrer en relation avec leur environnement. Cette rupture du lien avec le vivant demeure souvent peu reconnue, alors même qu’elle peut contribuer à diverses formes de souffrance psychologique, relationnelle et existentielle. Dans cette perspective, la reconnexion à la nature apparaît comme une avenue thérapeutique prometteuse pour soutenir le mieux-être global des personnes.

 

     Par ailleurs, devant les multiples atteintes subies par la planète, de nombreuses initiatives émergent autour de la notion d’écospiritualité. Cette notion implique à la fois une écologisation du spirituel et une spiritualisation de l’écologie (Choné, 2016), tout en comportant une dimension sociale et politique propre à cette démarche (Gravend-Tirole, 2025; Delorme et Jaillet, 2025). L’écospiritualité traverse à la fois l’expérience intérieure des personnes, les imaginaires collectifs et les représentations du monde. Elle offre ainsi un éclairage complémentaire aux dimensions psychologiques et relationnelles abordées parl’écopsychologie, en permettant d’explorer plus largement les questions de sens,d’appartenance et de relation au vivant. 

bottom of page